Les grandes fêtes Indiennes

Une foule de festivités rythment la vie des Indiens tout au long de l’année, grand festival hindou, manifestation culturelle d’envergure ou encore compétition sportive. L’une ou l’autre de ces festivités peut être, à elle seule, l’occasion d’un voyage. Les fêtes les plus exceptionnelles ont lieu pendant l’hiver mais les dates de la plupart d’entre elles sont déterminées par le calendrier lunaire.

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    Hemis Setchu

    Hemis Setchu

    Tous les ans, au cinquième mois tibétain (juin/juillet), Hemis, le plus grand monastère du Ladakh commémore la naissance du sage indien Padmasambhava, fondateur du bouddhisme tantrique himalayen. Vêtus de robes de soie jaune et portant des masques figurant les démons de l’enfer, six lamas dansent au son des tambours dans la cour du monastère. Les robes tourbillonnent, les pieds frappent le sol … et six autres moines les rejoignent, représentant les forces du Bien. La lutte se joue en une chorégraphie sophistiquée, l’assistance retient son souffle. Aux portes du sanctuaire, les marchands ambulants vendent aux fidèles des offrandes de fleurs. Au crépuscule, la foule quitte le monastère dans un joyeux désordre de chevaux, mules et scooters : comme chaque année, le Bien a triomphé sur le Mal. 
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    Ganesh Chaturthi

    Ganesh Chaturthi

    A la fin de l’été (août/septembre), à Bombay, plus de deux millions de fidèles se rassemblent pour célébrer l’anniversaire du Dieu à tête d’éléphant. Ganesh Chaturthi (la fête de Ganesh) est une cérémonie indienne au cours de laquelle le Seigneur Ganesh, fils de Shiva et de Pârvatî, est vénéré. Ganesh est ainsi honoré pendant plus de dix jours, et au dernier jour de la fête, une foule en transe, tambours battants et vêtements flamboyants, des effigies géantes portées sur des charrettes ornées de fleurs conduisent leur idole jusqu’à la plage de Chowpatti, pour immerger les statues à son effigie, aux cris de « mangal moorti ! », « toi qui porte chance, reviens-nous vite ! ». Cette fête, célébrée dans toute l'Inde, est particulièrement populaire dans l'État du Maharashtra (Mumbai, Pune). Ganesh Chaturthi a lieu pendant le mois de Badhra ou Bhādrapad, sixième mois du calendrier hindou, qui correspond environ à la période du 20 août au 15 septembre du calendrier grégorien. La fête dure toujours un nombre impair de jours, jusqu'à onze, voire treize. Le premier jour de la célébration, les Indiens, après s'être baignés en signe de purification, vont acheter une représentation de Ganesh, que l'on trouve de toutes tailles (de quelques centimètres à plusieurs mètres de hauteur) et la rapportent en procession chez eux, où elle est installée sur un autel et décorée. L'idole est alors conservée plusieurs jours pendant lesquels des prières sont récitées matin et soir à son intention, et des offrandes (notamment des sucreries) lui sont faites. Le dernier jour de la célébration, les statues sont portées en procession vers le lieu de leur immersion (mer, lac, rivière, réservoirs d'eau creusés pour l'occasion, voire un seau d'eau...) par les dévots qui scandent « Ganapati bappa morya ! Mangal moorti morya ! » (« Père Ganapati, reviens-nous ! Toi qui portes chance, reviens-nous ! ». Mais qui est Ganesh ? Un jour, la déesse de la dévotion, de la fertilité et épouse de Shiva, Parvati, prenait un bain. Ne voulant pas être dérangée, elle dit à leur taureau Nandi de rester sur ses gardes devant sa chambre pour que personne ne puisse entrer. Naturellement, il obéissait. Un peu plus tard, Shiva vient voir sa femme. Ne désobéissant pas à son maître, Nandi laissa passer Shiva. Quand Parvati vit Shiva, elle fut étonnée et en colère parce que non seulement il l’interrompit, mais Nandi avait laissé entrer Shiva. Elle s’est finalement rendu compte qu’elle n’avait personne qui lui était réellement loyal. Énervée par cela, elle décida de créer quelqu’un qui lui serait profondément loyal. Ainsi naquis Ganesh. Après le départ de Shiva, elle ramassa sa pâte de curcuma (utilisée pour le bain) et la souffla à travers la pièce, lui insufflant de la vie. Ainsi Ganesha, son fils, sortit de la poussière. Elle avait enfin à l’égard de quelqu’un la loyauté qu’elle avait toujours désirée. Parvati a ainsi commencé à poster Ganesh à l’entrée de sa chambre pour monter la garde quand elle prenait son bain. Un jour, Shiva demandait à parler à Parvati. Mais Ganesh ne voulait pas le laisser entrer. Ne réalisant pas qui était Ganesh, Shiva ordonna à son armée de l’attaquer, mais il la détruisit ! Shiva fut choqué. Mais qui était ce puissant garçon ? Se sentant menacé et défié, Shiva décida de combattre Ganesh et dans une fureur divine lui trancha la tête, le tuant instantanément. Quand Parvati réalisa ce qui s’était passé, elle fut profondément blessée et furieuse ; après tout, c’était son fils. Inconsolable, elle entreprit de détruire toute la création. Mais quand Brahma, le créateur de l’univers vit cela, il comprit qu’il devait lui parler. Il la supplia de reconsidérer son plan extrême. Elle finit par céder, mais à deux conditions : Ganesha devait être ramené d’entre les morts et il devrait être adoré à jamais devant n’importe quel autre dieu. Shiva n’avait d’autre solution que de s’exécuter. Shiva envoya Brahma à la recherche du premier animal qui se couchait la tête tournée vers le nord. Peu après, il revint avec la tête d’un éléphant que Shiva plaça sur le corps de Ganesh. Après lui avoir redonné vie, Shiva donna à Ganesh la fonction d’être devant, parmi les dieux, et de surveiller tous ses assistants. Ganesh et son symbolisme Retenons le symbolisme et la richesse du récit culturel qui le rend pertinent dans notre société, aujourd’hui. La genèse de Ganesha, comme dans tous les récits des dieux et déesses de l’hindouisme, renvoie aux symboles voués à nous aider et à mieux nous comprendre, nous-mêmes ainsi que le monde qui nous entoure. L’image du dieu à tête d’éléphant est une représentation symbolique importante. Qu’il s’agisse de ses bras, des objets qu’il porte ou même de la souris que l’on voit avec lui, tous ces éléments ont une signification unique et intéressante. Ainsi : La tête d’éléphant symbolise les qualités de l’éléphant que sont le calme, la sagesse, la force et son intelligence imperceptible au commun des mortels. Sa tête imposante lui permet de penser sans limites. Une puissance de pensée qui écarte les obstacles dressés sur le chemin de la vertu, qui dispense la connaissance, le savoir et permet de savourer le succès, Les grandes oreilles, signe d’une grande attention, traduisent que le fait d’écouter est capital, Les petits yeux matérialisent la concentration nécessaire sur la tâche à accomplir, La hache permet de couper les liens de l’attachement aux désirs matériels, La bouche, petite, symbolise la nécessité de moins parler, d’être concis et de valoriser los mots, La trompe, cruciale pour un éléphant lui permet de s’adapter à son environnement, comme nous devrions le faire dans le nôtre, Un grand estomac, pour digérer paisiblement tout le bon comme le moins bon dans la vie. Son ventre est aussi le signe de grande générosité et de richesse, La corde permet de tirer une personne loin du mal de ce monde, et de nous tirer vers le bien que nous recherchons tous, La souris, symbolise le désir toujours agité, impatient et jamais apaisé qu’il nous faut contrôler. Elle se glisse partout où l’éléphant ne peut pas pénétrer, c’est elle qui porte les bénédictions de Ganesh dans chaque recoin de l’esprit, Les défenses brisées symbolisent la nécessité d’analyser le bien et le mal dans le monde et d'ignorer ce qui ne nous est pas utile.